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Charles Maurras

(Editions Bernard Grasset, 1939)

 

 

« (…) ce plat rhéteur qui passe, ce chiffon de papier qu’on lit, n’importe quelle distraction le leur fera oublier. »

Livre I. Chap. III. p.29

 

« Un peuple menacé d’éviction n’a qu’un droit : penser avec courage, décider avec fermeté. »

Livre I. Chap. V. p.47

 

« Mon premier et dernier avis là-dessus [Affaire Dreyfus] a été que, si par hasard Dreyfus était innocent, il fallait le nommer maréchal de France, mais fusiller une douzaine de se principaux défenseurs pour le triple tort qu’ils faisaient à la France, à la Paix et à la Raison. »

Livre II. Chap. I. p.55

 

« La justice n’était pas d’un côté, ni la patrie de l’autre. Nous les défendions toutes les deux. »

Livre II. Chap. II p.59.

 

« Un poète [Maurice Bouchor] se laissant aller à déclarer qu’il préférait ‘la destruction de la société au maintien d’une injustice’, je fus réduit à lui répondre que l’on avait malheureusement vu des sociétés sans justice, mais que l’on n’avait pas encore vu de justice sans société. »

Livre II. Chap. II. p.61.

 

« (…) l’inconvenance qu’il pouvait y avoir à brûler une ville pour faire cuire un œuf (…) »

Livre II. Chap. IV. p.83

 

 

  

« La Révolution les délia du corps de la France. Elle les mit à la portée du premier venu. Il suffisait d’en acquitter le prix monnayé pour les posséder de plein droit. La vieille France devint donc, pour une grande part, un objet de commerce. Elle connut l’argent pour maître. Mais l’argent n’a point de patrie. En tout ce qui se peut obtenir contre argent, l’acheteur étranger devient, dans tous les lieux du monde, l’égal du chaland indigène. Notre Révolution étendit démesurément ce domaine vénal, qui est commun à l’étranger et au citoyen ; elle facilita l’établissement du premier, l’éviction du dernier. La vie devint d’autant plus facile à nos hôtes que la proportion de ce qui s’achète et se vend s’était élevée davantage. La liquidation révolutionnaire devait donc attirer des Monod de tout genre, pacifiques envahisseurs. »

Livre IV. Les Monod ; chap. troisième, IX. p.188-189.

 

« Vers 1793, la France disparaissait donc en tant que pouvoir conservateur et pouvoir producteur : en tant que nationalité active. Mais, en tant que produit à s’approprier et à consommer, elle devenait un appât universel. »

Livre IV. Les Monod ; chap. troisième, IX. p.191.

 

« Comme il est nul, on le dit subtil, même fin. Comme il prend garde de ne jamais dire rien, encore qu’il écrive sans cesse, on le trouve retenu et judicieux. »

Livre IV. Les Monod ; seconde partie, XV. p.215.

 

« Quand, dans tous les pays, cinq cents journaux de partis différents entonnent chaque jour une fois, deux fois et plus la même mélodie, il n’est vraiment pas possible de croire à un « pur hasard » ou à de mystérieuses « sympathies » des nerfs ou des âmes. Le temps des miracles et de la croyance aux miracles est malheureusement passé. Cependant, pour une fois et par exception, je veux croire au miracle. En tout cas, le mystérieux chef d’orchestre ne mettait pas beaucoup de variété dans l’exécution. »      (Ch. Maurras citant Wilhelm Liebknecht dans le Journal de Francfort)

Livre V. Chap. III. p.265.