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Le ministre en charge des fonctionnaires, Monsieur André Santini, ne nous fait plus rire. Dans la droite ligne de la pensée  de notre Président Sarkozy (« pensée » étant ici, bien sûr, une clause de style), voilà qu'il vient de signer, le 2 décembre dernier, une charte de la promotion de l'égalité dans les administrations. Il déclarait également dans le Figaro récemment, vouloir alléger les concours administratifs des «  questions qui pénalisent les couches populaires au sein desquelles les minorités sont très nombreuses »…


Malheureusement, constatant le déclin de l'éducation nationale et le genre de tête qu'elle restitue à la fin du cursus scolaire, le pire est à craindre. En effet, déjà que nos lycéens sont pour la plupart d'entre eux des incultes et des barbares, au sens propres du mot, si l'on supprime l'épreuve de culture générale pour l'accès aux concours de la fonction publique, la qualité de nos fonctionnaires A et B va vraiment chuter. Déjà que, souvent, ce niveau n'est pas des plus satisfaisants, nous allons avoir de plus en plus de "zombies" en face de nous et/ou  en charge de nos dossiers administratifs. Nous aurons des « techniciens » incultes, des « professionnels » sans âmes, en fait de bons petits soldats du totalitarisme mou.


La culture, en France ou ailleurs, est ce qui distingue l'individu; s'il n'en a plus, c'est un barbare. Il faut relire, à ce sujet, les essais remarquables d'Hannah Harendt recueillis sous le titre "La crise de la Culture" (Ed. Gallimard). Bien que paru en 1957, ils préfiguraient de ce qu'allait devenir la culture, dans nos sociétés postindustrielles occidentale européennes du XXIème siècle. L'analyse d'Hannah Harendt est étonnante de clairvoyance, de justesse et de vérité. Plus récemment, toujours sur le même sujet, paraissait un bon livre de Renaud Camus et qui s’intitule « La Grande déculturation » ; je dis un bon livre, car cet auteur s’est malheureusement illustré dans des productions moins « élevées »…


Mais revenons à nos moutons de fonctionnaires. On perçoit bien, en fait, où cette mesure du Ministre Santini veut en venir... Les gros sabots fielleux et vulgaire de l'anti-racisme sont là, pointant leurs bouts moisis et puant de pseudos bons sentiments. Et voilà, Monsieur Santini est devenu, lui aussi malheureusement, un des vecteurs de cette machinerie dégénérative, voire mortifère, qui sévit depuis les années 80 et qui consiste à détruire le peu de culture française et européenne (pas Bruxelloise bien sûr ! au contraire)  qui reste dans nos sociétés et à créer un magma d'individus sans racines ni traditions, sans sentiment d'appartenance insigne.

 

L'objectif de ce processus de déculturation est connu : avoir au final une masse informe d'individus qui seront labellisés "Français" mais qui pourraient être d'ailleurs (ou plutôt de nulle part), bref des aliénés, zombies, encore plus assujettis à l’idéologie du temps, parfaitement meubles au mercantilisme mondialiste. C'est bien là le rêve fou des marchands (mais un rêve déjà en marche), que d'avoir en acheteurs potentiels des individus sans particularismes d'aucunes sortes, sans comportements distincts, afin de pouvoir vendre le même produit, où que ce soit, sur toute la planète. Pour écouler des produits standards, il faut des individus standards, standardisés.


Le but de cette mesure concernant l'accession à la fonction publique est, en définitive, d'ouvrir la fonction publique à ceux qui n'ont pas le minimum de culture générale française requise pour réussir un concours des catégories A ou B. C'est en fait abaisser encore le niveau de connaissance et donc de compétence - car la culture participe à la compétence d'une personne quel que soit son métier - de nos futurs fonctionnaires. Avec cette mesure administrative, nous nous enfonçons encore plus avant dans la nuit noire de la barbarie démocratique, dans les ténèbres du consumérisme marchand, dans une éclipse graduelle mais totale de l’humanité.


Vraiment, nous apprécions davantage le Santini blagueur et gouailleur, bon vivant et bonhomme ; et nous découvrons à présent un Santini moche, coupable de trahison envers l'identité et la culture française. Il a fait tomber son masque le fumeur de cigare, découvrant un visage hideux, repoussant, révélateur de l’empreinte du mal, tel Dorian Gray. Adieu Monsieur Santini ! Rejoignez donc la cohorte des malsains, des malveillants, des malfaisants : vos semblables à présent.


"Rien, il n'y a plus rien", disait Léo Ferré... Misère.