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J’ai eu l’occasion, hier, de revoir un beau film du britannique Roland Joffé, « Mission ». Outre le fait que Joffé sache tenir une caméra, cadrer, choisir son sujet, donner du corps et une profondeur à ses personnages, bref, qu’il soit un vrai cinéaste (une espèce en voie de disparition), il nous relate avec ce film non seulement la réalité d’une époque (celle de l’avancée des européens en Amérique du Sud et avec eux des tumultes politiques du vieux continent) mais encore nous révèle ce que l’homme peut faire de beau et de bien.

L’image, vers la fin du film, où l’on voit le Père Jésuite Gabriel (joué par Jeremy Irons) avancer en tête de la procession, ostensoir en main, au milieu des explosions, de la poussière et des projectiles qui sifflent, cette image est superbe. Mais bientôt, voilà qu’il tombe, frappé d’une balle en pleine poitrine ; l’ostensoir est là qui gît, dans la poussière, à ses côtés ; mais ce n’est pas fini : un Guarani est là, qui reprend l’objet contenant l’Ostie consacrée et marche face à l’ennemi, à l’adversité, à la mort. L’aventure magnifique n’est pas finie !

 

Allongé, blessé mortellement, le novice Mendoza (joué par Robert De Niro) - l’ancien mercenaire chasseur d’esclaves repenti, délivré de ses récents vœux pour désobéir à l’Evêque, défendre les indiens et en fin de compte une certaine idée de l’Eglise catholique - assiste à la scène. Il ferme bientôt les yeux et meurt ; et l’on veut espérer qu’il est parti avec la certitude qu’il ne s’est pas battu pour rien, que la relève est là, que le flambeau de la Foi est passé. Et pour paraphraser Camus : il faut imaginer Mendoza (bien) heureux…