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Voilà qu’on apprend qu’est envisagée l'idée de « permettre une déduction fiscale pour les pertes subies en Bourse par certains "petits" porteurs ». Cette proposition est avancée par le sénateur Philippe Marini (UMP). On croit rêver, ou plutôt cauchemarder !


Quand on sait que l’économie réelle représente moins de 5% des transactions boursières (le reste n'étant que de la pure spéculation), quand on sait que permettre une déduction fiscale, c’est en fait amputer l’argent public, on veut maintenant nous fait pleurer dans les chaumières sur les pertes de boursicoteurs victimes du système qu’ils ont eux-mêmes entretenu ? nous apitoyer sur le sort de quelques spéculateurs calamiteux dépités ? nous attendrir sur des apprentis-rentiers qui ne sont que gueux revêtus ?

Sans oublier le terme médiatico-politique choisi pour qualifier ces porteurs : « petits », "petits" porteurs ; adjectif sensé nous attendrir peut-être ? On peut être petit mais tout autant rapace, inconséquent, incapable et se faire empapaouter au final. Mais s’il fallait défiscaliser tous les empapaoutés de France, on n’est pas sorti de l’auberge : il faudrait que l’Etat s’endette encore plus gravement et aille mendier pour la énième fois auprès des Etats grossiers et huileux du Golf, à ces bédouins parvenus, ces pétroleux des sables, à la bouche pleine de morgue et à l’œil blasé de pervers polymorphes.


Boursicoter sans les risques ? Et puis quoi encore ? « Si vous vouliez un coup sûr, fallait prendre du trois et demi pour cent Pinay garanti or ! » (1).

 




(1) Réplique de Richard Briand-Charmery, dit "le Commandant" (Jean Gabin) dans « Le Gentleman d'Epsom».