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J’ai lu dans la page débat du Figaro un article écrit par un de nos militaire, Colonel de son état, répondant au nom de Royal…

 

Pour qu’un militaire écrive ainsi dans un journal, il y a peu de chance que ce soit pour faire valoir un autre point de vue que celui de la politique gouvernementale. Il écrit au plus sur ordre, au moins pour se faire bien voir auprès du politique.

 

Que nous dit-il ce brav'Colonel Royal ? Que l’opinion publique française doit soutenir nos soldats qui se battent en Afghanistan ; pour reprendre ses mots : « les populations sont aujourd'hui en mesure de peser et d'influer sur les décisions politiques pouvant in fine infléchir les stratégies déployées. ». Quelle hauteur de point de vue ! J’en ai le vertige.

 

Oui, nous devons agir mais pour que nous quittions enfin ce théâtre d’opération car nous n’avons rien à y faire, rien à y gagner, tout à y perdre, dont nos soldats et notre argent.

 

L'histoire nous apprend que l'Afghanistan n'est pas un pays que l'on attaque et occupe facilement ; pas moins de trois empires s'y sont cassés les dents (mongols, britannique et soviétique). Ce n'est donc pas avec une coalition Otanienne hétéroclite, composée de suiveurs caniches, que l'on réussira à contrôler l'Afghanistan. 




Par ailleurs, on peut légitimement se poser la question de l'intérêt pour la France de combattre là-bas; où sont donc nos intérêts dans l'affaire ? Arrêter le terrorisme ? Jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas l'islamisme afghan qui menace la France mais un autre islamisme venu d'ailleurs, bien plus proche que l'on imagine...

 

Au total, nous ne sommes là-bas que pour prêter main forte aux Etats-Unis, leur servir de supplétifs, défendre leurs intérêts - qui ne peuvent, par définition, être les nôtres - et c'est tout.

 

Et notre "Royal Colonel" de souhaiter une adhésion de l'opinion publique afin que l'armée "française" puisse effectuer sa tâche au mieux ; s’il n’y a pas à la base de légitimité stratégique ni politique, inutile de chercher une légitimité et un soutien populaire. Soyons sérieux.


Mais le pire dans l'affaire, c'est que ce Colonel Royal ose apparemment donner une légitimité  à son propos en rapportant la mort « d'un de nos soldats » comme il dit - en fait un vaillant et superbe Capitaine du 35ème RAP, chuteur opérationnel, issu du rang, Patrice Sonzogni (ci-contre). (1) 


La guerre tue mon Colonel ! Le saviez-vous ? Et une guerre comme l'Afghanistan nous amènera encore d'autres morts, et de plus en plus, inexorablement, inéluctablement. Ce ne sont pas à de vulgaires bandes armées auxquelles nous avons affaire là-bas, mais à une troupe structurée, coordonnée, aguerrie, et défendant une terre qu'ils estiment occupée (à juste titre).

 

Mais d’ailleurs de quel droit violons-nous, nous Français, la terre afghane ? Simplement celui du Droit, de la volonté et des intérêts américains.

Rappelez-vous seulement : les talibans ne sont devenus des « méchants » (une méchanceté parfaitement vendue et propagée à l'international par les médias  occidentaux)  qu’à partir du moment où ils n’ont pas voulu signer le contrat proposé par les compagnies américaines et qui devait permettre la construction du pipe-line traversant leur territoire, reliant les zones de productions en hydrocarbure de la Caspienne aux mers chaudes sur le littoral pakistanais.

Pipeline-Caspienne---Gwadar-02.jpg

 

Et qu'on ne vienne pas parler de mandat de la "communauté internationale" ! On sait ce que c'est la "communauté internationale"... L'histoire récente nous en a donné des exemples.


Quant à la légitimité du pouvoir afghan actuel, on en connait également les ficelles - les cordes devrait-on dire. Karzaï travaillait dans une société américaine d'hydrocarbure avant d'arriver sur la scène politico-médiatique. De qui est-il le fantoche ?

 

Alors, mon Colonel, révisez votre vision stratégique et reprenez les principes qui fondent - ou qui devraient fonder - notre défense : l'intérêt national. Cherchez-le dans cette affaire !

 

Vos osez parler de la France et de son "devoir moral d'affirmer sa spécificité"; mais vous rêvez en couleur mon pauvre ami ! Vous vous faites du sous-titre. Ayant intégré totalement le commandement militaire de l'OTAN, nous perdons ipso facto le pouvoir de dire "non"; nous pourrons certes tenter de faire valoir un point de vue, mais en dernier ressort, ce ne sera jamais un autre pays que les Etats-Unis qui décideront et eux seuls de la politique menée, des actions entreprises. Mais vous le savez pertinemment en plus Colonel, ou alors vous n’êtes pas sérieux.

 

On sait aussi d'ailleurs pourquoi certains officiers français défendent aussi bien et fort cette réintégration dans l'OTAN : ils vont pouvoir bénéficier de plus nombreux postes ouverts (et rémunérateurs) dans cette Organisation. Alors parlons net !


Mais peut-être que vous êtes acquis à l'Atlantisme Colonel (d'ailleurs, je ne sais pas pourquoi je dis peut-être, parce qu'en fait, j'en suis sûr) ? auquel cas vos propos sont invalides car partiaux.

 

En fait, en bon militaire caricatural, vous ne nous recrachez - oh, certes, à la sauce mili, teintée kaki, avec flon-flon et doigts sur la couture du pantalon, genre patriotique - que le discours du Président Sarkozy. Et Dieu sait si ce discours n'est pas le meilleur dans la  défense des vrais intérêts de la France !

 

D’ailleurs, où est la France ? Qu’en reste-t-il ?

Misère. Pauvre armée ; pauvre France.

Vale !

 

(1) Honneur à lui, et toutes nos condoléances à sa famille.