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Voilà que pas moins de deux ministres français ainsi qu’un Président volent au secours du cinéaste franco-polonais, Roman Polanski, suite à son arrestation en Suisse - avant une extradition possible vers les Etats-Unis, lieu de son forfait commis dans les années 70.



Cette arrestation a été opérée, suite à un mandat d’arrêt émanant d’Interpol, en Confédération helvétique, juste à la descente d’avion du cinéaste dans l’aéroport de Zurich. Cette demande d’Interpol a été signifiée aux autorités françaises en juin 1994 ! Néanmoins, sur le territoire français, jamais Polanski n’a été inquiété.



A ce que l’on sait, la France est un des 187 membres d’Interpol et se doit de répondre aux demandes faites par les autres pays au sein de cet organisme international. Mais ce ne fut le cas. Polanski ne fut jamais inquiété sur le sol français. Pendant 15 ans, il a donc bénéficié d’« appuis » de toute la caste politico-médiatique …

Les Etats-Unis demandent l’extradition de Polanski afin de le juger pour acte de pédophilie sur une jeune fille âgée de treize ans en 1977, l’époque des faits. Certes, la jeune fille, extrêmement belle et gracieuse en son temps, aujourd’hui largement majeure, a demandé en janvier 2009 à ce que l’affaire soit classée, ne voulant pas poursuivre celui qui a eu des relations sexuelles avec elle. Mais la question n’est pas là ! C’est à la justice que doit répondre Roman Polanski et non à la jeune fille d’alors, aujourd’hui femme mûre. Certes, c’était il à 32 ans et il y a prescription pour ce genre d’affaire, mais c’est à la justice de trancher, quitte à le relâcher le prévenu dès le jugement idoine prononcé.

Mais voilà que deux ministres et un Président en exercice montent au créneau pour défendre Polanski, en l’occurrence Kouchner, Mitterrand et l’Innommable.

Et le premier, ce donneur de leçons, méprisant et suffisant à souhait, de trouver « sinistre » cette arrestation et d’avancer comme excuse au pédophile, le fait que Polanski soit « un homme d’envergure, un talent mondialement reconnu » ! Mais on peut être un talentueux cinéaste, reconnu mondialement et concomitamment un abject personnage pédophile.

Puis le second, reclassé et converti à l’appel du pouvoir, sympathique au demeurant, voilà qu’il trouve « absolument épouvantable » l'arrestation de Roman Polanski en Suisse, « pour une histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens ». Epouvantable, oui, mais pour qui ? Pour la Justice avant tout, puisqu’elle n’a pas eu lieu. Une histoire qui n’a pas de sens ? Mais en quoi sont-ils « insensés » ? et pour qui ?

Quant au troisième, l’agité du bocal, le Vulgaire intégral, il suit ce dossier avec la plus grande attention, et souhaite la libération très rapide du cinéaste. On peut légitiment se demander si Polanski – aussi grand cinéaste qu’il soit – est au dessus des lois ? Si la même mésaventure était arrivée à un individu lambda, qui serait publiquement intervenu pour le défendre ? Nos deux ministres et l’Histrion ? Halte au gag ! Halte à la tchatche fétide ! Un criminel, quel qu’il soit, doit répondre de ses crimes devant la justice, quitte à ce qu’elle le relaxe à l’issue, compte-tenu des circonstances et de la prescription si tel est le cas en l’occurrence.



Mais il semblerait que la fable de La Fontaine dise toujours vrai :

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».

Les Animaux malades de la peste
, Livre VII des Fables.


Crédit photos :
site web d’Interpol pour le logo, http://www.toutlecine.com/images/star/0024/00245303-roman-polanski.html pour la photo de Polanski et J.J.Grandville pour la gravure.