Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

On connaît les romans de George Orwell. Nous avons suivi le policier de l’Empire britannique dans les rues des villes moites de Birmanie, circulant dans ce monde bien particulier des colonies (1), nous avons cheminé en Angleterre tout comme en France et connu la vie épouvantable des sans-le-sou (2), nous nous sommes régalés au tableau féroce et juste du monde construit par le cochon Napoléon (3), nous nous sommes penchés sur le triste quotidien du commis de librairie britannique et de sa plante verte (4), nous avons ressentis l’oppression et l’étouffement du monde de Big Brother (5) etc.; bref, nous avons apprécié le talent de romancier d’Orwell. 

Mais cet auteur nous donne encore davantage dans ses essais que les éditions Ivréa (6) ont eu le bonheur d’éditer. Tout d’abord en quatre volumes, ces essais ont été regroupés bientôt en deux, par une sélection des plus intéressants d’entre eux. 

Nous pouvons ainsi lire « Dans le ventre de la baleine » et « Tels, tels étaient nos plaisirs ». Un voyage dans la littérature, dans la politique, l’histoire, l’esthétique, la remémoration, bref, un très beau et instructif parcours et tableau nous est offert avec ces essais dans l’univers de l’écrivain, du journaliste, du penseur, de l’homme Eric Blair, plus connu sous son nom de plume de George Orwell. 

orwell_passport_large.jpg Photographie d'Orwell figurant sur un de ses passeports. 

George Orwell est une personne remarquable. C'est un être profond, délicat, humain, sérieux et méthodique, et surtout honnête intellectuellement parlant, qualité très rare que l’on ne peut que souligner. 

Un exemple de cette honnêteté nous est donné dans son essai sur la guerre d’Espagne (Orwell était pourtant dans le camp des « Rouges ») où il traite sans complaisance ni omission de l’attitude ignoble des brigadistes (hormis ceux du POUM dont il était) vis-à-vis des civils et des religieux non acquis aux « thèses » soviétiques, staliniennes. 

Il n’est d’ailleurs pas étonnant que George Orwell ait connu de son vivant l’anathème et qu’aujourd’hui ses écrits soient malheureusement moins connus qu’ils ne le devraient, tant nos sociétés n’aiment pas les êtres vraiment libres. 

Il faut dire qu’Orwell « gêne » non seulement la gauche, dont il est un des représentants éminents - cependant d’une gauche « oubliée »,  une vraie gauche, éprise d’équité sociale et non de l'idéologie du marché, du Gender, de l'antiracisme, des sans-papiers, etc. - mais  il gêne encore une certaine droite, que l’on qualifierait - en reprenant les catégories de René Raymond - de Bonapartiste et d’Orléaniste, la droite libérale capitaliste, la droite de l'argent Roi, du Fouquet's... 

Nous ne pouvons qu’inciter ceux qui n’ont pas encore eux le plaisir et l’avantage de lire ces essais de se tourner vers ces deux volumes d’oxygène édité par Ivréa (7). 

Orwell-2.jpg

Orwell à sa table de travail...

Notes : 

(1) « Une histoire birmane » ou « Une tragédie birmane », dans ses titres français.

(2) « Dans la dèche à paris et à Londres ».

(3) « La ferme des animaux ».

(4) « Et viva l’aspidistra ! ».

(5) « 1984 ».

(6) Libraire-éditeur IVREA : 1 Place Paul Painlevé 75005 Paris – Tel : 09 62 33 29 58.

(7)  « Dans le ventre de la Baleine et autres essais » (1931-1943), Paris, Éd. Ivrea & Éd. de l'Encyclopédie des Nuisances, 2005. Édition abrégée des Essais, articles et lettres. [EAN13 9782851842848]

« Tels, tels étaient nos plaisirs et autres essais » (1944-1949), Paris, Éd. Ivrea & Éd. de l'Encyclopédie des Nuisances, 2005. Édition abrégée des Essais, articles et lettres. [EAN13  9782851842855]

 

Crédits photos :

A la machine à écrire : http://twilightstarsong.blogspot.com/2011/04/george-orwell.html

Photo de passeport : http://endautresmots.blogspot.com/2010/04/george-orwell.html