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Dans ses cent propositions « pour engager notre transformation et bâtir la nouvelle France », Arnaud Montebourg, candidat à la primaire et député socialiste de Saône-et-Loire, a lancé le concept de « démondialisation » (1).

Loin d’être une idée pertinente, ce concept de « démondialisation » est en fait un enfumage total, digne des personnages malfaisants dans James Bond. Percevant les souffrances réelles des Français et leur ressentiment vis-à-vis du mondialisme qui est à l’origine de leurs tracas et des maux qui accablent notre pays (tout comme les autres d’ailleurs), Montebourg tente de récupérer le mouvement, d’en tirer des bénéfices électoraux pour son parti et son courant à l’intérieur d’icelui. Mais long est le chemin qui le sépare des pachydermes Hollande et Aubry.

Arnaud Montebourg technique operatoire

Nouvelle stratégie ou vieille lune ?

Cependant, en bon petit agent de la zeitgeist qu’il est, Arnaud a trouvé la parade (2): non pas critiquer le mondialisme qui est l’idéologie mortifère en vigueur, mais créer un concept bidon (« la démondialisation ») pour faire genre, pour donner l’illusion d’être contre le phénomène en question, ou plutôt - plus clairement - pour berner l’opinion, car Montebourg est parfaitement conscient de ce qu’il entreprend en énonçant sa « nouvelle stratégie ».

En effet, la mondialisation est un fait, lequel correspond à la situation d’interdépendance existant entre acteurs géopolitiques du monde contemporain et ceci à l’aune des techniques de communications et d’information, tout comme aux cadres juridiques en vigueur. Elle concerne les biens matériels comme les idées, et touche les Etats, les entreprises commerciales comme les individus et les sociétés.

Technique de l’enfumage

La « dé-mondialisation » à la Montebourg ce serait en fait aller en l’encontre de la réalité des échanges et des faits. Ce serait revenir à la lampe à huile, aux chevaux de poste, au silex et au feu de bois. Certes, vous me direz, mais il avance tout de même des propositions concrètes dans son « programme ». Oui, je vous le concède. Arnaud découvre en effet la frontière et ses bienfaits, dans ce qu’il appelle les « nouvelles pratiques de la frontière et de la protection ». Il serait temps. Il n’a pas du lire le petit opuscule de Régis Debray (« Eloge des frontières », Gallimard, 2010) ; il découvrirait ainsi, un peu plus dans le détail, la nécessité humaine, existentielle, vitale de la frontière. Mais Arnaud redécouvre encore autre chose ; cette fois : l’eau chaude. En effet, quand dans sa « stratégie » Arnaud évoque de « nouvelles normes », il s’agit en fait de principes immuables, ceux qui ont toujours fait et font (ou doivent faire) les bons échanges et l’harmonie entre individus, sociétés et Etats. Curieux individu que cet Arnaud. Non seulement enfonce-t-il les portes ouvertes, mais encore faut-il qu’il nous explique comment et pourquoi !

Montebourg BDEn réalité, Arnaud cherche seulement à tempérer, à moduler, à cosmétiser ; c’est ce qu’il entend par « soigner la maladie de la concurrence effrénée » ou encore « partir à la reconquête de l'économie et de soumettre celle-ci à des lois plus modérées ». Cependant ce « dandy pour plateaux télé », ce faux naïf en campagne, ce petit soldat du système, ne remet pas une seconde en cause l’idéologie qui prévaut à l’heure actuelle - et dont il est un des partisans invétérés, bien sûr (3) - : le mondialisme.

La « stratégie » d’Arnaud, c’est de poursuivre dans l’idéologie délétère mais tout en saupoudrant « d’échelle humaine », comme il dit. Mais mon cher Arnaud, la poudre masque les rides ; elle ne les enlève pas. La stratégie Montebourg, c’est aussi bien sûr le « moins de barbelés pour les hommes » ; et ses implications non avouées… Une image forte pour une réalité certaine : la fin de la France et des Français, la fin de l’Europe et des Européens. Le grand remplacement a déjà commencé, Montebourg veut le poursuivre en tout état de cause et y apporter sa "touch".

N’en déplaise à Arnaud, on ne lutte par contre un état de fait, la mondialisation. Ce contre quoi il faut lutter, c’est contre l’idéologie qui progresse concomitamment et qui détruit nos sociétés et nos cultures, qui sape nos racines et nos valeurs, qui tue les peuples et leur Histoire, à savoir : le Mondialisme. Mais ça, Arnaud ne le peut. Nous atteignons là, en effet, les limites de son « combat » ; de son « enfumage » plutôt.

Arnaud Montebourg a lancé le concept de « démondialisation » ? Qu’il aille lui-même le rechercher !


Notes :

(1) Cf. http://www.desideesetdesreves.fr/

(2) oui, on s’appelle tous par nos prénoms maintenant, c’est ainsi.

(3) comme tout socialiste d’appareil d’ailleurs.

 

Crédit photo :

Montebourg : http://chauveteric.blogspot.com/