Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Grande baudruche ces derniers temps : la Chine ! Nos hommes politiques ne dissertent que de cela. Les hauts fonctionnaires ne parlent que de cela. Nous sommes bien loin des dirigeants d’entreprises qui, eux, savent de quoi il retourne aujourd’hui, puisque la Chine s’avère de plus en plus être un colosse aux pieds d’argile, un miroir aux alouettes.

 

Même les pays qui jusque là investissaient en Chine, délaissent ce pays depuis maintenant presque quatre ans. Des pays d’Asie du Sud-est par exemple, rechignent à y miser leur argent car justement ce n’est plus l’endroit pour en faire ! Les salaires des chinois ayant augmenté, les bénéfices des investisseurs ne sont plus ce qu’ils pouvaient être. Ceci sans parler de la surévaluation artificielle (gouvernementale) du Yuan.

Dragon - 1


La Chine risque l’implosion. Il y a des raisons sociales à cela, avec des disparités salariales et de niveaux de vie jamais atteints – tant dans le passé de la Chine même, qu’ailleurs dans le monde -, des disparités qui dépassent l’entendement ; mais il y a des raisons politiques aussi, avec les provinces et leurs nouveaux hommes forts (et riches) qui cherchent de plus en plus d’autonomie vis-à-vis de Pékin ; sans compter également sur les séparatismes divers et variés (ethniques et religieux) qui minent le pays de Confucius. Bref, la Chine ne va pas si bien que cela.

 

Et voilà bien sûr nos dirigeants français obnubilés par ce pays et exigeant une ré-orientation des « stratégies » étatiques vers cette République Populaire de Chine, délaissant nos maigres moyens qui étaient utiles ailleurs dans le monde pour les concentrer sur la Chine.

 

Ces choix stratégiques ont été opérés par nos élites françaises (énarques et autres aristocrates de la République) lesquelles ont dix ans de retard (1) ! C’est en effet il y a dix ans, voire plus, qu’il fallait investir et agir (dans tous les sens du terme) sur ce pays chinois, quand l’environnement s’y prêtait encore. Mais, malgré les retours d’expérience de nos chefs d’entreprises, les rapports des réels connaisseurs du terrain et les analyses des vrais sinologues, le pli est prit et ne se défait pas, la machine est lancée et on ne l’arrête pas. En avant ! Droit dans le mur… de Chine !

Mur de Chine 02
Source: http://nature.wallpaperme.com/Nature-Historical-Buildings/Great+Wall+of+China.jpg.html

 

Cette fausse route est le résultat de la lourdeur de la machinerie bureaucratique étatique, bien aidée en cela par l’esprit d’inertie et la fixation névrotique des décideurs publics (ministères et autres organismes subordonnés).


Que ce soit à Bercy ou au Quai, il faut voir ces directives, entendre les propos et lire les mémos émanant de nos fonctionnaires A++, tous pleins de certitude Potemkine sur le pays chinois… Et malheur à celui qui oserait apporter la contradiction ! Pour l’impétrant fonctionnaire, c’est la mutation, la sanction dans la notation ou les appréciations, bref, la quasi relégation. Car pour ces fonctionnaires A++, contester leurs analyses et leurs stratégies sur la Chine, est une preuve flagrante de stupidité, un signe évident de méconnaissance sur le sujet, un manque de respect devant leur « hauteur de point de vue » et la finesse de leur intelligence de hauts fonctionnaires de l’Etat. Les deux seuls "arguments" étant : 1) TINA (There Is No Alternative, en langage A++ dans le texte) et/ou 2) "Voulez-vous mourrir maintenant ou dans cinq ans ?". Nous atteignons là les sommets de l'intelligence française contemporaines...


C’est ainsi que nous allons vers le mur, dispersant nos énergies là où il ne faut pas et gaspillant l’argent des contribuables français, par manque de réactivité et surtout par ce  manque crasse d’intelligence chez la plupart de nos « élites »…


Misère.


Prince-Potemkin.jpg
Le Prince Potemkine (Source : http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/732684)

(1) Dix ans de retard également concernant la dite "discrimination positive", qui est en fait la "préférence étrangère". Voilà dix ans que les Etats-Unis sont totalement revenus de ces pratiques et y ont mis fin; mais en France, c'est maintenant que nos "élites" mettent en place cette politique et même la développe !