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Ça y est, il a eu lieu ! Le fameux et tant vanté débat d’entre les deux tours de l’élection présidentielle s’est tenu hier au soir. Près de 18 millions de téléspectateurs l’ont regardé sur l’une des sept chaînes le diffusant (1) ceci sans compter sur le nombre d’internautes ayant assisté à la chose devant leur ordinateur. Deux heures cinquante de débat, mais au résultat, pas de coup décisif. De toute manière, ce débat ne devait et ne pouvait « agir » que sur les personnes encore indécises quant à leur intention de vote de dimanche prochain.

 

Que retirer de cet exercice rituel ? Tout d’abord qu’il n’y a eu aucun plaisir à regarder ces deux hommes débattre ; pas de vision, pas de perspectives, pas de chemin, si ce n’est celui de l’avenir sombre qui nous attend, nous Français de base. Aucun des deux candidats au poste suprême n’a soulevé l’enthousiasme, l’adhésion. Ce fut un débat plat, malgré les quelques échauffourées, rituelles elles aussi, sensées montrer la « pugnacité » de tel ou tel.

 

Hollande ou la posture du vide

 

Posture car l’un se tenait tel un animal de concours, visiblement attentif à l’œil des juges-arbitres devant leurs écrans, et visiblement ne semblait pas à l’aise dans cet exercice sûrement répété. Une position physique étudiée et constante de retrait et de recul du corps, signe de crainte d’entrée réelle dans le débat. La tête en arrière, le regard toisant, sensé signifier la domination de la situation (pour les communicants, spin doctors et autres sémiologues), mais en fait, ce fut du vide plein l’écran car, comme le vent tourne les pages sans savoir lire, une posture surfaite ne fait pas une personnalité et encore moins une conviction. Par ailleurs, dans les quelques moments de « fermeté » dans le propos, il y avait incongruité totale avec la voix ; bref, un rôle de composition raté. On ne mandate pas un pantin, une méduse.

 

Sarkozy ou l’imposture amnésique

 

Imposture, quant à l’autre, car nous avions affaire à un propos ne manquant pas de culot,  tendant à justifier l’injustifiable, et à projeter dans l’avenir les promesses déjà non tenues par le passé. Certes, force est de constater qu’il était visiblement plus à l’aise que son adversaire, quoi que très maîtrisé tout en étant sans ostentation ; c’est le métier qui rentre ou qui est rentré, dirait on. Il n’est plus l’agité, le convulsif pathologique que l’on a connu il y a quelques années. Toutefois, dans ses propos, s’il fut plutôt convaincant sur la forme, il ne l’était absolument pas sur le fond : ses cinq années à l’Elysée parlant en sa défaveur sur nombre de points. Le sortant manquait d’épaisseur pour masquer son bilan catastrophique, son projet mortifère.

Janus Sarkhollande 

Janus de foire

 

Aller plus avant dans une analyse n’aurait aucun sens, car les deux profils que nous avions sur l’écran faisaient penser irrésistiblement aux deux faces de Janus. Pour être actuel et symboliser la chose, ce serait une même pièce (2) avec une tête sur chaque face. Pile ou face ? Face ou pile ? peu importe : c’est la même pièce ! Renvoyons donc dans leurs pénates ces deux histrions ploutocrates, ces deux pantins de la finance mondialisée, ces deux croque-morts de la Nation française ; néantisons-les, par exemple, avec un trait de plume sur leur bulletin de vote, pour ceux qui oseraient encore se déplacer le 6 mai prochain et urner.

 

Face au cnidaire (4) corrézien insipide et au poney de retour des beaux quartiers, il n’y a pas à choisir ; il faut prier.

 

Notes :

(1) TF1, France 2, BFM-TV, iTélé, LCI, La Chaîne parlementaire et TV5-Monde.

(2) Une pièce d'un Euro, bien sûr !

(3) dos à dos ?

(4) Cf. Larousse : Cnidaire, animal aquatique à symétrie axiale d'ordre 6 ou 8, à système digestif en forme de sac, et possédant des cellules urticantes ou cnidoblastes, tel que l'hydre, l'anémone de mer, les méduses, le corail, les polypiers constructeurs, etc. (Les cnidaires forment un embranchement.) [Synonyme : cœlentéré.]