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Ce qui est amusant dans le discours ambiant, entendons celui de la « bien-pensance », c’est que tout en faisant l’éloge de l’altérité, en en ventant ses mérites, sa nécessité même, les faits montrent que cela ne relève essentiellement que du verbe.

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« Interface video-scripturale négatospectrale cellulaire portative », anciennement dénommée Ardoise…

(Sources : http://www.face06.com/wordpress/wp-content/uploads/2009/06/enseignement_01.jpg )

 

Dans l’éducation nationale, par exemple, l’on ne présente plus aux élèves les textes de nos grands écrivains ou penseurs car ces écrits sont considérés comme ne parlant pas assez à nos « apprenants », pour reprendre une terminologie d’IUFM (1). Tout au contraire présente-t-on des textes de contemporains, des écrits puisés dans le quotidien, afin de trouver un écho auprès des élèves, de les faire participer, de susciter leurs réactions. Nos écrivains et penseurs des siècles passés représentent pourtant une altérité certaine puisque langue, esprits, circonstances et culture sont loin des nôtres. Mais non ; apparemment, l’altérité ici n’a pas lieu d’être et ne fait pas recette éducative.

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Une classe d'école sous la Restauration

Source : http://www.musimem.com/prix-rome-1840-1849.htm ( s.d. [ca 1820], BNF Richelieu)

 

Ainsi, Alain Finkelkraut remarquait que Bossuet – lequel ne se résume pas à ses sermons – n’était pas enseigné aujourd’hui à cause justement de son peu de proximité avec les élèves. En contradiction donc avec l’esprit du temps.

 

Comme le remarque par ailleurs Régis Debray, l’on ne transmet plus aujourd’hui, on communique. Transmettre, c’est une action entreprise dans et pour la durée. Communiquer, c’est au contraire agir dans et pour l’immédiat. C’est ce qui arrive dans le monde de l’éducation aujourd’hui. Mais transmettre est en opposition à l’idéologie du moment ; dans l’éducation traditionnelle, en effet, l’enseignant transmet un savoir à l’élève alors que le discours des pédagogistes « sauce IUFM » est tout à l’opposé, centrant tout sur l’élève et non plus le savoir et sa transmission. C’est ce que nous disent et nous répètent à l’envie les Philippe Meirieu et autres fossoyeurs de l’enseignement en France.

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L’ascenseur social en question…

 

Et nos bien-pensants de souligner, avec horreur, le pourcentage d’élèves de milieux modestes se réduisant dans les grandes écoles françaises. L’ascenseur social ne fonctionne plus ! C’est effectivement un fait. Mais là encore, les « solutions » proposées sont erronées par défaut dans l’analyse. Ainsi l’on va se focaliser sur la qualité de ceux qui montent dans l’ascenseur, leur origine sociale, leur passé, leur culture d’origine, etc. au lieu de voir ce qui ne fonctionne plus à savoir l’ascenseur lui-même, c’est-à-dire l’éducation nationale. Tout cela car ces apprentis-sorciers ne veulent pas assumer ce qui est leur échec, la faillite de l’enseignement actuel (depuis 30 ans).

 

Nous avons dans nos lycées et collèges de pauvres enfants qui ne deviendront - grâce à l’Education nationale actuelle - que de joyeux (?) robots. Un grand nombre a déjà été relâché dans la nature. Et ils ont le droit de vote bien sûr…

 

Notes :

 

(1) On lira avec attention un petit dictionnaire Français/IUFM sur cette page :

http://www.exobiologie.info/SVT/page9/page9.html