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La diplomatie française est vraiment mal en point. Un de nos représentants à l’étranger, en l’occurrence le nouvel Ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, s’est distingué dans son nouveau poste en faisant très rapidement la quasi unanimité contre lui, suite à son comportement fort peu diplomate, à son attitude désinvolte, à ses propos désobligeants, ont dit certains (1). Nommé le 9 février 2011, arrivé le 16 février à Tunis, et déjà rejeté trois jours plus tard par les tunisiens… Un record !

Il avait tout pour plaire pourtant cet homme là. Passé par Henri IV, Diplômé de Sciences-Po, de l’INALCO, arabisant, conseiller du président pour le Moyen-Orient et les pays arabes, un physique de jeune premier (adepte des salles de musculation, a-t-on pu lire ici et là), un tempérament de battant, bref, la nouvelle race de diplomate (new breed of diplomats) ; un « Sarkozy’s boy », comme le dit lui-même l’intéressé.

Après avoir été Ambassadeur de France en Irak, où son seul objectif fut de « faire des millions », voilà qu’il débarque à Tunis, pensant ravager les cœurs, susciter l’enthousiasme par son « style » nouveau et direct.

Le problème c’est que la réalité fait obstacle aux illuminés, aux illusionnistes de cet acabit. En Irak, ce petit Boillon clair, s’est distingué en « ramenant de l’argent » ; il en est très fier. « On a fait mieux que les américains, quand on ramène cela au nombre de fonctionnaire en poste là-bas ». Cependant, représentant de commerce et diplomate ne sont pas le même métier et entretenir la confusion des genres est extrêmement préjudiciable à l’image de la France. Pour faire du commerce, nous avons des personnes dédiées à cette tâche, que ce soit dans les postes d’expansion économique ou dans les directions internationales des ministères ou ailleurs. Si un Ambassadeur peut appuyer le développement de ces relations commerciales, c’est très bien, mais cela n’est pas son objectif premier.

Monsieur Boillon nie aussi la réalité du terrain. Ainsi balaye-t-il d’un revers de main ce que fut et a apporté - malgré tout - le Baathisme ; Boris n’a cure de ce que vivent les irakiens au jour le jour depuis le blocus inhumain dont ils furent les victimes, sans compter les deux guerres américaines en Irak et l'occupation militaire, et le terrorisme quotidien.  D'aucuns ont rapporté que Boillon voulait jumeler la ville tolérante, généreuse et ouverte de Najaf avec... Lourdes ; rien que ça ! Par ailleurs, Boris vante ce pays meurtri en le qualifiant de « laboratoire de la démocratie ». Bref, il  donne tous les symptômes du schizophrène de base dans son approche de la réalité.

Sarko et Boillon 

Le mentor et son disciple

Quarante et un an, c’est un peu jeune pour être Ambassadeur tout de même ; ce métier demande un tant soit peu de maturité, d’intelligence, d'expérience, de sérieux, de tact, de finesse, de (re)tenue, de sens du relationnel, etc. Comme le dit très bien un de nos anciens Ambassadeurs, Charles Crettien : "La diplomatie est un dialogue avec un pays étranger, son gouvernement et son chef d'Etat" (in Le Monde du 10 février dernier). Avec Boris, nous sommes loin du compte de cette tradition diplomatique française; avec Boris, l'esprit du Quai n'est plus; avec Boris, ç'en est fini d'une des plus anciennes diplomaties du monde.

Le sieur Boillon, pur « produit Sarko », est effectivement différent, et finalement bien dans l’esprit du temps, c'est-à-dire, arrogant, méprisant, avide, matérialiste, arriviste, calculateur, fat, sans éducation, avec cette commissure de satisfait aux coins des lèvres.

Une preuve de son immaturité et de son inconsistance fut donnée - entre autre - par Internet, lequel conserve des archives et notamment la photo dudit Ambassadeur sur son profil « Copains d’avant » (2). Se donner à voir en maillot de bain dans une pose digne d’une couverture de magazine gay, n’est pas vraiment du goût le plus élevé. Ce n’est pas une preuve non plus de la dignité ni de la responsabilité de son auteur face aux fonctions officielles dont il est investi et qu’il est sensé remplir. Le p’tit Boillon est en fait un « djeune », un mec « up to date », un vrai Geek, qui Twitt plus vite qu’il respire, tchatte de même, qui communique plus qu’il ne parle, entend plus qu’il n’écoute, bref, un individu pas vraiment dans ses pompes… diplomatiques. En fait, il est quelque part le fils de Tapie et de Sarkozy réunis ; c’est dire ! Un pur produit de synthèse, avec le « bon goût » qui peut le caractériser, la « hauteur de point de vue » aussi, sans oublier la « profondeur » certaine (3), ni les dents qui rayent les parquets des palais de la république…

gai-pied-Boris II

A Tunis, Boillon est tombé dans un Gay Pied

(ceci est un montage-photo, bien sûr !).

NB: il va sans dire que cette photo a été censurée non seulement pour respecter l'anonymat du jeune homme présenté, mais aussi pour répondre aux injonctions de Maître Jean-Marc Fedida, avocat de Boris Boillon.

On se faisait une autre idée de l’Ecole des Cadres d’Orient (mais oui, le Boillon insipide y est passé !) ; cependant, être l’ami du Prince, aide. Et voilà la carrière de Bo-Bo (Boris Boillon) lancée avec fusées d’appoint et stabilisateur de trajectoire ; très vite, il est en poste à Bagdad puis maintenant à Tunis, après avoir usé les tapis de l’Elysée, non loin de Guéant. Boris, ce grand penseur politique, éminemment cultivé, au sens diplomatique aigu, a ainsi, par exemple, trouvé dans Kadhafi le décati, le pervers, le meurtrier, un homme intéressant et critiqué à tort, méritant davantage que l’opprobre dans lequel il était tenu depuis trop de temps. C’est ainsi que voulant raccrocher les wagons - à la traîne des anglo-saxons et des italiens - notre diplomate de haut-vol s’en est allé un jour, sur un plateau de télévision (Canal +), à vanter les mérites de l’autocrate de la cyrénaïque. Ce Boris Karloff de la nouvelle diplomatie française fut ainsi à l’origine de la venue de Kadhafi à Paris, lorsque le Grand Boufti de Tripoli a planté sa tente de bédouin dans les jardins de l’Elysée… Misère.

Mais le temps rattrape souvent les imprudents et des savonnettes passent parfois sous leurs talons (4). Boris Boillon a ainsi bu la tasse. Mais ne vous inquiétez pas, il va se relever très vite. Ce Boillon là ne va pas se faire intimider de la sorte pour des peccadilles ; avec peu de conscience réflexive, d’estime de soi, on remonte très vite en selle, et on repart comme si de rien n’était, qui plus est, absous par le Prince.

Avec Sarkozy, tout est possible. Ainsi ce haut fonctionnaire Boris Boillon est-il un archétypique représentant de l’esprit nouveau qui souffle à l’Elysée et dans nos ministères depuis 2007, un symbole de la république française « irréprochable », un parangon de l’aristocratie post-France (5), un fruit parfait de la génération Y, bref, l’incarnation du néant.

Vous l’aviez cauchemardé ? Sarkozy l’a fait !

 

 

Notes :

(1) On lira l'excellent article intitulé "Tunisie : Boris Boillon, Star de Dégage-Académy", paru dans Investir en Tunisie et écrit par Wahid Ibrahim, daté du Mercredi, 23 Février 2011.

Cf.: http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&view=article&id=8969

(2) Photo vite retirée et page supprimée ; mais reste tout de même des traces…

(3) en fait de profondeur, disons simplement le vide. Pour Info, sachez que  Boillon devait être nommé à l'origine Ambassadeur en... Iran, ceci avant que finalement sa destination soit Tunis. Imaginez un peu les talents de ce diplomate de haut vol chez les Perses ! Nous serions déjà en rupture diplomatique avec Téhéran. D'autres informations font état du fait qu'il devait  après son poste en Irak, prendre poste à l'Elysée, et remplacer Bernard Bajolet, comme Coordinateur du renseignement. Ouf, on l'a échappé belle ! C'est finalement Ange Mancini, préfet de Martinique, qui prendra ce poste.

(4) Ou « sous leurs talonnettes », pour ceux qui ne s’acceptent pas tel qu’ils sont…

(5) « Nicolas Sarkozy, la France d’après »; on se souvient. Un slogan évocateur de la campagne électorale de 2007. Slogan annonciateur, s’il en est...

 

Addendum : il semblerait que la nomination de Monsieur Boris Boillon n'ait pas suivie exactement le Protocole diplomatique requis. En effet, c'est uniquement suite à sa  nomination en conseil des ministres, comme cela se fait pour un Préfet ou un haut fonctionnaire, que Boris doit sa prise de poste à Tunis. Pour un Ambassadeur, le Protocole veut que la candidature retenue par le pays envoyant un nouvel Ambassadeur soit préalablement présentée pour accréditation (ou non) par le Ministère des affaires étrangères du pays accueillant. En l'occurrence, pour la Tunisie et le cas de Boris Boillon, compte-tenu des événements récents, le MAE tunisien n'était pas en mesure de recevoir cette demande d'accréditation, surtout et d'autant plus qu'elle n'a pas été envoyée par Paris...

 

Crédits photos :

Boillon en maillot : http://www.jadorelespotins.com/wp-content/uploads/boris-boillon-nu.jpg

Sarko et Boillon : http://www.tunivisions.net/upload/article/11458/664x373/01.jpg