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Suite à la mise en branle du projet de loi pour le mariage des homosexuels, un certain nombre de manifestations ont eu lieu. Elles ont fait montre d’ampleur - malgré des chiffres officiels truqués - et elles témoignent d’un réel rejet populaire de ce projet de société que cette loi, dite Taubira, préfigure. Mais faut-il pour autant continuer à manifester aujourd’hui ? Pour ma part, je répondrai non, tout en ayant manifesté personnellement en Novembre 2012 et en Janvier 2013. Ne plus manifester, mais pour quelles raisons ?

Alors que la première manifestation fut lancée par Civitas, celle-ci fut très vite récupérée par le système et Barjotisées comme l’on sait ; exit Civitas ! par ceux-là même qui se sont raccrochés aux wagons lancés pourtant par le mouvement d’Alain Escada. Aujourd’hui, manifester sous l’égide du mouvement « Manif pour tous », avec tee-shirts rose ou bleu (très peu pour moi) en se trémoussant gauchement sur de la musique techno, revient à porter la soupe aux Copé, aux Fillon et autres Christine Bonteint, pardon Boutin. Loin de moi le désir de le faire, c’est pourquoi je ne souhaite plus manifester. Que certains y croient et veuillent encore manifester (Cf. « Les veilleurs »), grand bien leur fasse, mais très peu pour moi, voyez-vous.

La masse des manifestants a défilé pour défendre ce qu’elle pense être juste et relevant du bon sens, à savoir la loi naturelle qui fait que le mariage, c’est l’union de deux êtres de sexe différent, dans le but de fonder une famille. En cela, les manifestants ont raison. Mais seulement il y a le réel caché par le réel apparent... C’est là où il ne faut pas être dupe, le dindon de la farce. Malheureusement, les manifestants sont très vite devenus les cocus de service, des idiots utiles du système. Et ils en redemandent ! Sans réelle conscience politique, ils ne voient pas ce qui se cache derrière. Et l’arrière cuisine n’est pas reluisante...

Regardez ce qui s’est passé lors de la manifestation du 24 mars 2013. Plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues de Paris ; près d’un million disent certains - peu importe les chiffres. Il eut été aisé de forcer les barrages et d’aller sur les Champs-Élysées, et ainsi de braver l’interdiction de la Préfecture, signifiant de la sorte au pouvoir en place le signe d’une révolte populaire, ceci dit, tout en restant dans la mesure. Aucune force de l’ordre ne pouvait contenir autant de manifestants, tenir face à tant de personne défilant dans les rues. Mais… mais, l’égérie des homosexuels, l’icône des nuits folles parisiennes, aujourd’hui figure de proue des bourgeois bon teint et de la bien-pensance, Frigide Barjot (1), non seulement avait formellement interdit à ses suiveurs de se rendre aux Champs-Élysées, mais elle a immédiatement dénoncé auprès des autorités de Police ceux qui, parmi les manifestants (souvent de pauvres Gudards illusionnés), avaient tenté de forcer les barrages des forces de l’ordre... Cherchez l’erreur.

L’arrière cour...

Mais regardons d’un petit peu plus près ceux qui s’activent dans ces manifestations, ceux qui localement prennent l’organisation en main à Paris ou en province. Qui sont-ils ? Rien que des bourgeois en mal de reconnaissance se donnant le frisson en défilant dans les rues, la bien pensance en action, des satisfaits, des opportunistes cherchant déjà les places pour 2017 et les élections... Ils avancent le « printemps Français », la « révolution », rien que ça. Mais attention, messieurs, dames, il s’agit ici d’une révolution « comme il faut », « bien élevée », qui se tient, avec imperméable Burb’s, chemise Cyrillus et foulard de soie pour certaines, polo Ruckfield ou Harris Wilson pour d’autres, col relevé de rigueur et un jean pour la touche finale, « rebelle », sans oublier le chèche, bien sûr, pour le côté « baroud »... enfin, vous voyez le genre. Des chants cul-cul, des slogans puérils, une ambiance de jeunes gens versaillais (tendance plutôt Scout d’Europe bien proprets et surtout pas de Riaumont !), une détermination de danseurs sud-américains, un pas en avant, trois pas en arrière. Si vous voulez en voir quelques échantillons, c’est simple, d’aucuns passeront leurs vacances sur l’île de Ré... Mais fait-on une révolution avec ces gens là, franchement ? On peut en douter.

La récup’...

Derrière cette mascarade, il y a une récupération politique par quelques factions de l’UMP, les mêmes qui se sont activées lors de l’élection de Sarkozy en 2007, notamment ceux de l’UNI, ce syndicat estudiantin - courroie de transmission de l'UMP - où se forment certains des futurs cadres du parti à la pomme (pourrie) lancé par Chirac. Un syndicat qui, disent les mauvaises langues, reçut sur ses fonds baptismaux de l’argent en provenance d’une agence centrale américaine de renseignement, comme furent lancés en son temps certains syndicats pour contrebalancer l’influence de la CGT...

L’UNI, ce sont les « durs de la droite », dit-on ; en fait, en large part des fils à papa, des bourgeois qui se donnent le frisson en jouant les activistes, en imitant les accents nationalistes ; le « look » bien marqué, faux durs mais vrais petits cons, tout dans la posture-imposture, avant de se ranger bien vite au sortir des études, d’entrer dans le bottin mondain et de défendre le système, le libéralisme, la finance internationale, bref, le mondialisme tout simplement. Cherchez chez ces gens là des sociologues, des ethnologues, des anthropologues, des philosophes, des africanistes, des spécialistes de l’Asie ou de l’Amérique latine, des gens de la pensée, de la culture ; il n’y en a pas ! Ces jeunes navigueront plus tard soit dans la boîte de papa, soit dans l’immobilier, dans la finance, dans le management, la haute fonction publique pour les plus doués... mais pas dans les sciences humaines, non ; cela ne rapporte pas !

Souvenir...

Cette manifestation de mars 2013 à Paris, me rappelle une autre manifestation à laquelle j’avais participé en 2008, contre un des traités Européens bruxellois. C’était à Versailles. Là aussi, la manifestation était plutôt « bon teint », les « manifestants » bien parqués derrière des girondines, le long de l’avenue de Paris, poussaient des « hou ! hou ! » aux députés et sénateurs passant en voitures individuelles aux vitres teintées et blindés ou en cars, tous venus ratifier, quasiment à l’unisson, le traité devant le Parlement français.

Les « Hou, hou ! » réussiraient-t-ils, par eux mêmes, à changer les parlementaires d’avis, à les faire réfléchir ? J’en doutais fortement. Peu enclin aux manifestations d’opérette, je pris bientôt de beaux cailloux et les lançais en direction des véhicules des parlementaires. Mon action fut motivée par le fait que j’étais persuadé que ces parlementaires seraient davantage impressionnés par ces jets de pierres sur leur voiture (ils ne risquaient absolument rien physiquement, notons-le au passage) que par des « Hou, hou ! » lancés par des manifestants bien parqués et « sages », « Hou, hou ! » d’ailleurs totalement inaudibles par ces pseudo « représentants du peuple » bien assis dans leurs berlines respectives ou les cars affrétés. Très vite, voilà que je fus dénoncé par des manifestants auprès des forces de l’ordre présentes. J’étais présenté comme un « agent provocateur » ; rien que ça ! J’eus juste le temps de m’éclipser et de m’évanouir dans la nature, « déconstruisant ma silhouette » - comme il se doit - pour ne pas me faire repérer et m’attablais bien vite dans un café ouvert, un peu plus loin.

Cette petite anecdote traduit un sentiment qui reste le même aujourd’hui pour moi, après que le mouvement lancé (2) par Civitas contre le mariage des homosexuels (3) fut phagocyté par les Barjoteurs de tous poils et autres pions de l’opportunisme politique…

Epilogue

 

Alors, si manifestations futures il y a - quand bien même je récuse totalement la loi votée et non encore promulguée - je n’en serai pas. « Non, merci ! », dirait Cyrano.

 

Je ne roule pas pour ces hommes politiques de la fausse droite et de la vraie bourgeoisie. Ils ont phagocyté le mouvement contre la Loi Taubira ? Alors à présent ce mouvement est le leur, plus le mien. Je ne veux pas prendre des coups, respirer de l’aérosol CS, risquer une GAV (garde à vue ou équivalent actuel) et perdre mon temps et mon énergie pour les beaux yeux (c'est uniquement une clause de style) de ces politiciens qui ont voté (non exhaustif) :

pour l’avortement,

pour le regroupement familial,

pour la loi Pleven,

pour la Loi Gaissot,

pour l’adoption par des personnes seules,

pour le traité de Bruxelles,

pour la ratification du traité de Maastricht, de Nice, de Lisbonne,

pour la réduction constante des crédits militaires,

pour la guerre otannienne contre la Serbie,

pour la guerre contre l’Irak,

pour la réintégration totale au Commandement militaire intégré de l’OTAN,

pour la fin de la double peine,

pour l’intervention en Afghanistan auprès des Etats-Unis,

pour la guerre en Libye,

pour l’aide aux rebelles (islamistes) syriens,

pour l’entrée dans les manuels scolaires de la théorie du genre,

etc.

J’en passe et des pires...

Manifester pour ces politiciens qui, aujourd’hui, se présentent telles des oies blanches pour des 2017 qui chantent, et qui - sur le dos du peuple - veulent se refaire une virginité, « comme les vieilles putes se font retendre les fesses » (4) ? Non, merci !

Pour ces politiciens qui déclarent dès à présent - et officiellement ! - qu’une fois la loi Taubira validée par le Conseil Constitutionnel et promulguée, quand bien même ils reviendraient au pouvoir, ils ne l’abrogeraient pas ? Non, merci !

Pour ces politiciens qui n’ont cure de toute « commune décence », de toute morale, mais qui n’ont que le seul souci de bien passer devant les médias, que le seul but de plaire aux électeurs potentiels ? Non, merci !

Pour ces ploutocrates démagogues, aristocrates de la veulerie, champions du reniement, sans pudeur ni honte, sans honneur ni fierté, sans droiture ni convictions ? Non, merci ; non, merci !

Manifester pour ceux qui avaient en 2007, dans leur cartons, une proposition en faveur du mariage homosexuel mais qui l’ont finalement retirée juste pour ne pas désespérer Auteuil et les Hauts de Seine ? Non, merci !

Manifester pour ceux qui n’ont de morale que celui de leur porte-feuilles et des futurs postes ministériels ? Non, merci !

Manifester pour voir revenir ceux que j’abhorre, ces francs-macs (plus mac que franc d’ailleurs), ces cathos d’opérette et premiers rangs de cathédrale toujours du côté du manche (et du fric), ces fossoyeurs de la France que j’aime, bref, cette clique de libéraux au bonnet phrygien ? Non, merci ; non, merci ; non, merci !

 

Ce sera sans moi.

 

Notes :

(1) Cette Frigide Barjot qui, le 13 juillet 2007, lors d’une soirée parisienne avait célébré "pour le meilleur et pour le rire, pour l'amour et l'humour!" un mariage homosexuel au club L'Etoile, mariage dont l’un des protagoniste n’était autre qu’un député de l’UMP (et bientôt apparenté PS), Jean-Luc Roméro...

(2) et non « initié », comme le disent un trop grand nombre de pisse-copie incultes.

(3) et non contre le mariage homosexuel, Cf. Alain de Benoist, in Boulevard Voltaire, http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/frigide-barjot-a-fait-avorter-le-mouvement,18944

(4) Cf. « Mort d’un pourri », film de 1977, dialogué par Michel Audiard et réalisé par Georges Lautner.