Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quand on parle d’immigration et d’intégration, il vaut toujours mieux illustrer son propos et ainsi donner vie à ces mots qui jalonnent le vocabulaire du monde politique et médiatique. Ces mots ne sont pas des idées, des concepts, mais des réalités. En voici deux ; elles nous donnent comme un instantané de la situation. Elles ont valeurs de simples témoignages.

 

Premier tableau

 

Nous sommes à Paris, il est dix-sept heures, je suis dans le Métro parisien. J’avise à ma droite, sur une banquette, deux messieurs qui discutent. L’un est manifestement d’origine maghrébine et l’autre est un autochtone. Tous les deux sont âgés, dignes, se tiennent droits et semblent revenir d’une cérémonie d’anciens combattants. Appuyé contre la paroi de la rame, je remarque un grand étui noir d’où sort une hampe de bois, étui abritant en toute vraisemblance un drapeau.

 

Et cela m’a immédiatement fait penser à Jacques Perret et à sa nouvelle « Les biffins de Gonesse » ; cette histoire qui commence dans un bus parisien avec cette histoire de d’ouapeau (drapeau)… et qui s’achève dans une montée des Champs Elysées absolument lyrique et tumultueuse, merveilleuse et truculente.

 

Revenant à mon Métro, l’ancien combattant d’origine maghrébine est maintenant seul ; son frère d’arme l’ayant quitté à une station. Au moment de me lever pour descendre à mon tour, j’ai eu envie de saluer ce monsieur et le remercier de son état. Mais, emporté par la vague d’usagers descendant eux-aussi, je n’ai pas eu le plaisir de le faire. Je l’ai regretté car c’était une occasion rare, inespérée ; il faut dire que les années passent et que ces anciens combattants sont de moins en moins nombreux.

 

Quoiqu’il en soit, cet homme d’origine étrangère non européenne, était à mes yeux la preuve d’une intégration réussie, d’une fierté d’appartenance, bref, d’un immigré devenu français « non par le sang reçu mais par le sang versé », comme le dit la formule légionnaire.



 Honneurs à ces combattants, "Français, non par le sang reçu mais par le sang versé".


Deuxième tableau

 

Le même jour, ce mercredi 18 novembre, en début de soirée cette fois, une ville de province, non loin de Paris. Devant la gare de cette ville, alors que je passais en voiture, je vois une masse attroupée d’où partent des cris, des hurlements, des klaxons, des drapeaux qui s’agitent. C’est un concert de sons, de lumières, de couleurs.

 

Je m’aperçois bien vite de ce dont il s’agit. Tous les « manifestants » sont d’origine maghrébine, les nombreux drapeaux qu’ils agitent sont vert et blancs, frappés d’un croissant et d’une l’étoile rouge et leurs slogans sont pro-algériens. Ils manifestent leur joie suite à la qualification de leur équipe de football (de « podosphère » comme le dirait un ami).

 

J’apprends bien vite qu’à Marseille, des individus se sont affrontés toute la nuit avec les forces de l’ordre, que des magasins ont été endommagés, des dommages commis sur le mobilier urbain, tout comme une semaine auparavant lors d’un précédent match mettant en scène cette même équipe algérienne.

 

Ce deuxième tableau m’attrista grandement. Je n’ai pas le souvenir d’individus de cette origine, agitant le drapeau français avec la même ferveur lors de la qualification de l’équipe nationale. Nos médias aux ordres nous ressassent à l’écœurement cette soirée d’il y a onze ans où, sur les Champs Elysées, une foule bigarrées (c’est le mot) s’était réunie pour fêter la victoire des dits Bleus dans un championnat de podosphère. Cela était sensé être la preuve de l’intégration « à la française ».



Les nouvelles couleurs de la France...


Final ?

 

Mais ce temps de l’illusion n’est plus. Aujourd’hui les communautés - françaises de papiers timbrés - sont là, encore plus nombreuses d’année en année, se juxtaposant mais n’ayant pas de liens entre elles. Seuls choses en commun : le sol, à peine la langue - tant cette dernière est-elle massacrée - sans oublier la consommation, bien sûr.

 

Cependant la consommation, ne fait pas une patrie, et il est à parier que ce sol en question  sera terre de batailles dans un futur proche. Sans trouver des raisons dans une ethno-sociologie, il suffit simplement de voir l’âge des protagonistes. Ces populations allogènes sont jeunes, très jeunes et la population autochtone, de plus en plus âgées. Le résultat sera très logiquement la domination de ces générations montante sur les anciennes, avec ce changement de mœurs, de coutumes, de principes, de lois qui en découleront. Nous aurons alors une France qui ne sera plus du tout ce qu’elle a été, autrement dit une France qui n’existera plus.

 

Comme le disait François Guichardin (Francisco Guichardini) dans ses Avertissements politiques (Ricordi), le plus malheureux dans tout cela est d’être le témoin impuissant de ce qui arrive...


La défense de la Mère Patrie