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Devant les temps sombres qui s’annoncent et parmi les personnes conscientes du drame qui se dessine, deux postures sont possibles.

 

Il y a ceux qui s’accommodent de la chose, acceptant le Fatum, tâchant de sauver leur épingle du jeu en « jouant » la carte dite du réel, du pragmatisme, de la politique du moindre mal. Nous pourrions illustrer cette posture en la personne d’un Talleyrand voire d’un Fouché (1). Tous deux étaient pétris de culture classique, éduqués sous l’ancien régime, nourris aux  idéaux de la Monarchie, bref, pleinement conscients de ce qui arrivait, de la rupture, du changement dont ils étaient les témoins. Ils ont traversé sans encombre le tumulte de la révolution, l’accompagnant même avec plus que bienveillance et mourant finalement dans leur lit, simplement de vieillesse (2).

 

                              Talleyrand et Fouché; une certaine (im)posture.

Il y a ceux qui ayant reçu le même héritage que les précédents ont fait le choix de rester fidèles à leurs idéaux, de ne pas s’accommoder à l’esprit du temps, bref, de demeurer ce qu’ils avaient toujours été. Ils n’ont pas survécu aux troubles, ils ont été fauchés par les armes de la révolution.

 

 François-Athanase de Charette de la Contrie, figure de proue.

Mais entre ces deux postures, sommes-nous vraiment en présence d’un choix ? Je ne crois  pas. Les premiers, s’ils ont adoptés cette attitude, n’ont fait que suivre finalement leurs instincts profonds lesquels ne se rapportaient en définitive qu’à la survie de leur propre personne, de leurs biens matériels. Les seconds également ont suivi ce qui les caractérisait au plus intime d’eux-mêmes, à la seule différence qu’il s’agissait d’idéaux, à savoir la Foi et la fidélité dans les principes acquis par héritage dans leurs jeunes années.

 

Il y a fidélité dans les deux cas, mais pas pour les mêmes choses, pour les mêmes biens.

A mon sens, pour caractériser ces deux voies, il y a d’un côté ceux qui ont survécu et de l’autre « la jeunesse du monde »…

 


Vitrail de la Chapelle du Mont des alouettes (Vendée).

Notes :

 

(1) Dans ses Mémoires d‘outre-tombe, Chateaubriand, apercevant ces deux personnages entrer dans une pièce, Talleyrand marchant soutenu par Fouché, disait voir « le vice appuyé sur le bras du crime ».

 

(2) Victor Hugo, qui n’est pas de mon Panthéon, a dit des choses piquantes sur le personnage de Talleyrand dans ses Choses vues : «  (…) noble comme Machiavel, prêtre comme Gondi, défroqué comme Fouché, spirituel comme Voltaire et boiteux comme le diable. On pourrait dire que tout en lui boitait comme lui ; la noblesse qu’il avait faite servante de la république, la prêtrise qu’il avait traînée au Champ de Mars, puis jetée au ruisseau, le mariage qu’il avait rompu par vingt scandales et une séparation volontaire, l’esprit qu’il déshonorait par la bassesse ».